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Une pétition déposée en mairie

Rue du Faubourg Figuerolles : les riverains attaquent l'Institut Saint-Roch sur ses nuisances

Le 3 septembre 2026, à 18 h 40, une trentaine d'habitants de la rue du Faubourg Figuerolles ont remis à la direction de l'Institut Saint-Roch une pétition de 87 signatures et un recours gracieux de neuf pages. La mairie a reçu une copie deux jours plus tard.

Une pétition déposée en mairie

Le 3 septembre 2026, à 18 h 40, une trentaine d'habitants du bas de la rue du Faubourg Figuerolles se sont retrouvés devant le portail de l'Institut Saint-Roch, un établissement privé installé depuis 1974 dans l'ancien couvent des Récollets, et ils ont remis à la direction une pétition de 87 signatures accompagnée d'un recours gracieux de neuf pages rédigé par un avocat du quartier. La scène a duré vingt minutes. Personne n'a été reçu. Rien n'a filtré avant le lendemain matin. Le portail est resté fermé. Un agent de sécurité a noté l'heure de dispersion, 19 h 02, sur un cahier.

Le document demande la suspension des activités de l'atelier de menuiserie après 19 heures en semaine, ainsi que l'installation d'un dispositif de captation des poussières sur les machines. Il s'appuie sur trois constats d'un bureau de mesures indépendant, effectués les 12, 18 et 26 août à des heures différentes. Les relevés mentionnent des pointes à 79 décibels à trois mètres des fenêtres du premier étage, côté cour.

Marie Delmas, 54 ans, habite au 42 de la rue depuis 1998. Elle dit avoir changé deux fois les joints de ses fenêtres en trois ans, sans résultat. « On entend la scie à ruban jusqu'à 21 heures, parfois 21 h 30 quand ils rattrapent du retard », explique-t-elle. Sa fille prépare cette année un concours d'architecture, et la famille a déplacé son bureau dans la pièce la plus éloignée de la cour.

Une pétition déposée en mairie

Ce que l'institut répond

L'Institut Saint-Roch forme chaque année 210 élèves en ébénisterie et en restauration de mobilier, du CAP au brevet des métiers d'art, et son atelier technique occupe un bâtiment en fond de parcelle, séparé des habitations par un mur de 3,20 mètres. La direction reconnaît que quatre machines tournent parfois au-delà de l'horaire prévu, pour honorer des commandes de fin de trimestre. Elle conteste en revanche l'idée d'une gêne continue. Ses propres mesures, réalisées en juillet, donnent 64 décibels en moyenne.

« Nous avons trente-deux établissements scolaires dans un rayon de deux kilomètres, et nous sommes la seule école professionnelle du secteur à avoir des machines en fonctionnement le soir », indique le directeur adjoint, Bertrand Fournier. Un devis pour un caisson d'aspiration et un capotage acoustique a été demandé en juin à une entreprise de Grabels. Montant estimé : 41 000 euros. Le conseil d'administration doit se prononcer le 24 septembre.

Les riverains ne contestent pas l'existence de l'école. Ils contestent l'usage. Nadia Benkirane, présidente du collectif, rappelle que la rue accueille aussi une crèche associative au numéro 38, ouverte de 7 h 30 à 18 h 45, et que la sieste des enfants de la section des moyens coïncide, trois jours par semaine, avec les sessions de rabotage.

Ce que change le recours

Le recours gracieux n'a pas d'effet suspensif, mais il oblige l'établissement à répondre par écrit dans un délai de deux mois, soit avant le 5 novembre. Passé ce délai, les signataires peuvent saisir le tribunal administratif de Montpellier, rue Pitot. Le collectif a déjà réuni 1 240 euros pour couvrir les frais de timbre et d'avocat, selon sa trésorière, Hélène Vasseur, qui tient un tableur des dépenses et des dons depuis le mois de juin. Aucune somme n'a été versée à l'établissement.

Pour les habitants, la démarche change surtout la manière de se parler. Jusqu'en juin, les plaintes se réglaient un par un, à la porte de l'atelier, souvent vers 20 heures, sans trace écrite et sans témoin. Désormais, il existe un registre daté, des relevés sonores et un calendrier commun. Le collectif a aussi obtenu une réunion en préfecture pour le 2 octobre, à 14 h 30, avec le service en charge de l'environnement sonore.

Deux nuisances restent hors du recours. La poussière de bois, parce qu'elle se dépose chez tout le monde et qu'il faudrait mesurer chez chaque plaignant. Le stationnement des camionnettes de livraison, parce qu'il relève de la police municipale et non de l'établissement. « On a écrit noir sur blanc ce qu'on demandait, c'est déjà beaucoup », résume Nadia Benkirane.

La question du quartier

Le dossier dépasse la rue. Figuerolles compte 11 400 habitants et mélange des logements anciens, des ateliers encore actifs et des équipements publics. L'école élémentaire Marie-Curie, à 400 mètres, a fermé une classe en 2024. La même année, la ligne 3 de tramway a rapproché le quartier de la gare Saint-Roch, ce qui a fait grimper les prix au mètre carré de 9,4 % en dix-huit mois, selon les chiffres de l'observatoire local des loyers.

Ce contexte pèse sur le conflit. Plusieurs signataires louent leur logement. Une procédure longue, avec des expertises et des audiences, les expose davantage qu'un propriétaire, et le collectif a donc choisi de passer par l'Institut Saint-Roch lui-même plutôt que par la mairie, même s'il a transmis une copie au service urbanisme de l'Hôtel de Ville.

L'établissement, de son côté, prépare sa rentrée et doit livrer en novembre un ensemble de bibliothèques pour la médiathèque de Celleneuve. Bertrand Fournier assure que le planning de production sera revu si le conseil d'administration vote les travaux. Il ne promet rien sur les horaires. Les riverains attendent le 24 septembre, puis le 5 novembre, puis le 2 octobre, les trois dates qui structurent désormais leur automne.

Ce qui reste en suspens

Le recours ne porte ni sur le bruit des cloches ni sur celui des livraisons du matin, que personne ne mentionne. Il porte sur une plage horaire précise, entre 19 heures et 21 h 30, et sur une source identifiée, l'atelier du fond de cour. Cette précision explique en partie la réaction de l'institut, qui a accepté de transmettre ses propres relevés internes, sans toutefois les rendre publics à ce stade de la procédure.

Reste la question du nombre. Trente signataires au départ, quatre-vingt-sept signatures deux semaines plus tard. Si le chiffre continue de grimper, le conseil d'administration aura du mal à traiter le dossier comme une affaire de voisinage ordinaire. À Montpellier, plusieurs conflits de ce type se sont éteints faute de suite ; celui-ci dispose au moins d'un calendrier et d'un avocat.

Le 12 septembre au matin, la cour de l'Institut Saint-Roch était vide. Les fenêtres du premier étage, côté rue, restaient grandes ouvertes. Les machines ne reprennent qu'à 14 heures le vendredi. Personne, dans la rue, ne sait encore si ce calme tient à l'été, à la rentrée ou au recours gracieux déposé neuf jours plus tôt.