Galengenx

Notre méthode de travail

Chez Galengenx, chaque projet commence par une question posée à voix haute, souvent dans l'atelier du 157 boulevard Pasteur. Voici comment nous sourçons, vérifions et corrigeons ce que nous faisons, et ce qu'il advient d'un signalement.

Sourcer le bois avant de scier

Nous travaillons le bois massif depuis 1995 et nous avons appris une chose simple : la provenance d'une planche compte autant que son épaisseur. Thomas Mercier, qui reçoit les demandes de devis, note systématiquement l'origine déclarée par le client. Chêne du Piémont cévenol, noyer de la vallée de l'Hérault, frêne récupéré sur un chantier de démolition à Saint-Jean-de-Védas : chaque essence a une histoire de transport et de séchage. Nous refusons les lots dont le taux d'humidité dépasse 14 pour cent, mesuré à la mi-journée avec un humidimètre à pointes. Nous ne sommes pas une scierie.

Un lot arrive, on le soupèse, on le palpe, on le regarde sous la lampe, puis on le range sur cales dans un local non chauffé au fond de l'atelier, avec un hygromètre relevé chaque matin par Sophie Leroy, qui suit les travaux et qui note aussi les variations saisonnières : entre novembre et mars, l'humidité relative à Montpellier peut passer de 40 à 78 pour cent en dix jours, un écart que nous consignons page par page dans un carnet à spirale, sans base de données, parce qu'un carnet ne tombe pas en panne et se relit dix ans plus tard. Trois planches fendues sont parties à la déchetterie en 2023. Nous préférons cela à un meuble qui craque en février.

Pour les meubles restaurés, la source est le meuble lui-même. Un secrétaire du quartier des Beaux-Arts, apporté en février 2024, portait une étiquette d'un ébéniste de Nîmes disparu en 1971. Nous avons cherché l'atelier pendant trois semaines, consulté les archives municipales de Nîmes et retrouvé un petit-fils qui a confirmé la date. Cette vérification a changé le traitement : nous avons conservé le placage d'origine au lieu de le remplacer, et le meuble a gardé sa patine.

Les quincailleries viennent de deux fournisseurs, l'un à Gignac, l'autre à Lunel. Quand l'un n'a pas une pièce, nous attendons plutôt que de mélanger les laitonnages, car un tiroir qui ferme mal à cause d'une poignée trop lourde, c'est trois heures perdues et un client mécontent.

Sourcer le bois avant de scier

Vérifier, mesurer, consigner

La vérification commence par un relevé sur place, mais jamais sur le bâti. Nous ne touchons ni aux murs, ni aux sols, ni à l'électricité, ni aux circuits de froid, ni à quoi que ce soit qui appartienne au bâtiment lui-même.

Nous mesurons l'espace disponible et repartons avec un croquis coté. Olivier Roux, qui gère les rendez-vous, fixe ces visites du lundi au vendredi entre 9h30 et 12h30 ou entre 14h00 et 18h00, et le samedi uniquement sur rendez-vous ; il prévient toujours qu'une visite dure entre quarante et quatre-vingt-dix minutes, selon le nombre d'ouvertures à relever et la distance depuis le boulevard Pasteur.

Un devis part ensuite avec trois chiffres : le volume de bois, les heures d'atelier, les finitions. Aurélie Bernard, à l'administration, tient un registre des devis envoyés et des devis acceptés. En 2023, sur 118 devis, 61 ont été signés, 34 sans réponse et 23 refusés, souvent parce que le client voulait une pose sur site que nous ne faisons pas. Ces chiffres ne sont pas glorieux, mais ils sont exacts. Nous ne promettons ni délai miracle ni résultat garanti : un meuble en chêne massif demande du temps, et nous disons lequel avant de commencer.

Chaque pièce reçoit un numéro à quatre chiffres inscrit au crayon sous un chant non visible, et ce numéro renvoie à une fiche papier où figurent la date d'entrée, l'essence, le client et les interventions prévues. Si une planche se fend trois mois après la livraison, nous retrouvons l'historique en moins de cinq minutes. Cette fiche mentionne aussi ce que nous avons refusé de faire : une teinte trop foncée, un placage sur panneau de particules, une réparation cachée sous une vis, un refus écrit valant mieux qu'un accord flou.

Nous ne sommes membres d'aucun organisme professionnel et nous ne prétendons à aucune accréditation. Notre seule référence, c'est l'atelier et les clients qui reviennent. Un couple de la rue du Faubourg-Saint-Jaumes nous confie ses meubles depuis 2011 ; ils ont vu passer quatre apprentis et deux déménagements de machines, mais jamais une sous-traitance.

Corriger sans cacher

Une erreur arrive. En mars 2022, une bibliothèque en frêne livrée à un appartement du quartier Antigone avait une étagère trop courte de dix-huit millimètres. Sophie Leroy a repris la pièce, scié une nouvelle étagère et livré sous huit jours, sans facturer le déplacement. Nous l'avons noté dans le carnet, à la page du 14 mars, avec la mention « erreur de trait de coupe » ; ce genre de note ne sert à rien pour la comptabilité, elle sert à ne pas refaire la même faute.

Nous corrigeons aussi ce qui vient du client. Une restauration de commode Louis-Philippe apportée en 2019 avait été mal décapée par le propriétaire, avec un décapant trop agressif qui avait brûlé le veinage. Nous avons expliqué le problème, proposé un placage de récupération et laissé la commode trois semaines de plus que prévu. Le client a payé le placage, pas les heures de rattrapage. Quand une correction est impossible, nous le disons avant de prendre l'argent.

Sur les finitions, nous travaillons par échantillons. Trois plaquettes de 15 centimètres sur 20 sont préparées pour chaque teinte, vernies et présentées au client ; s'il hésite, il repart avec les trois. Nous gardons les plaquettes signées dans un classeur, ce qui évite les discussions six mois plus tard sur la couleur exacte. Un vernis à l'huile dure peut foncer de deux tons en un an à Montpellier, à cause du soleil et de l'air marin ; c'est écrit sur la fiche.

Ce qu'il advient d'un signalement

Un signalement peut venir de n'importe où. Un voisin qui a vu une planche suspecte, un client qui doute d'une essence, un lecteur de nos notes locales qui s'interroge sur un meuble ancien : le canal importe peu, mais le traitement est toujours le même. Olivier Roux centralise les messages reçus à [email protected] ou au 04 37 45 71 10, et il les transmet à Thomas Mercier dans la journée si l'atelier est ouvert ; si le signalement concerne un meuble en cours, il est rattaché au numéro de fiche, sinon il est consigné dans un cahier bleu, sans suite automatique.

Tout signalement reçoit une réponse écrite sous cinq jours ouvrés, même quand nous ne pouvons rien en faire. En 2024, nous avons reçu onze signalements. Quatre concernaient des meubles que nous n'avions pas fabriqués, trois une essence mal identifiée par un client, deux un problème de transport, un une suspicion de vol de bois sur un chantier voisin, et un dernier un meuble ancien proposé à la vente dans une brocante de Palavas. Pour ce dernier, nous avons simplement indiqué au signalant que nous ne faisions pas d'expertise et lui avons conseillé de consulter un commissaire-priseur.

Les signalements de vol ou de provenance douteuse ne sont pas transmis à la police par nos soins. Nous n'avons ni mandat ni compétence pour cela. Nous disons au signalant d'aller voir les autorités s'il le souhaite, et nous conservons une trace écrite.

Un signalement interne, celui d'une erreur d'atelier, suit un chemin différent : il est inscrit le jour même sur la fiche concernée, avec le nom de la personne qui l'a relevé et l'heure, puis Sophie Leroy décide d'une reprise, d'un avoir ou d'un simple constat, et la décision est notée, pas effacée. C'est notre seule règle absolue : ce qui est écrit reste écrit.

Aucun signalement ne donne lieu à une récompense ou à une remise commerciale. Nous ne cherchons pas à acheter la confiance, nous cherchons à comprendre. Si un doute persiste sur une pièce, nous préférons arrêter le travail et rendre le matériau plutôt que de livrer quelque chose que nous ne pouvons pas expliquer dix ans plus tard.

  1. Sourcer le bois avant de scier Nous travaillons le bois massif depuis 1995 et nous avons appris une chose simple : la provenance d'une planche compte autant que son épaisseur. Thomas Mercier, qui reçoit les demandes de devis, note systématiquement l'origine déclarée par le client. Chêne du Piémont cévenol, noyer de la vallée de l'Hérault, frêne récupéré sur un chantier de démolition à Saint-Jean-de-Védas : chaque essence a une histoire de transport et de séchage. Nous refusons les lots dont le taux d'humidité dépasse 14 pour cent, mesuré à la mi-journée avec un humidimètre à pointes. Nous ne sommes pas une scierie.
  2. Vérifier, mesurer, consigner La vérification commence par un relevé sur place, mais jamais sur le bâti. Nous ne touchons ni aux murs, ni aux sols, ni à l'électricité, ni aux circuits de froid, ni à quoi que ce soit qui appartienne au bâtiment lui-même.
  3. Corriger sans cacher Une erreur arrive. En mars 2022, une bibliothèque en frêne livrée à un appartement du quartier Antigone avait une étagère trop courte de dix-huit millimètres. Sophie Leroy a repris la pièce, scié une nouvelle étagère et livré sous huit jours, sans facturer le déplacement. Nous l'avons noté dans le carnet, à la page du 14 mars, avec la mention « erreur de trait de coupe » ; ce genre de note ne sert à rien pour la comptabilité, elle sert à ne pas refaire la même faute.
  4. Ce qu'il advient d'un signalement Un signalement peut venir de n'importe où. Un voisin qui a vu une planche suspecte, un client qui doute d'une essence, un lecteur de nos notes locales qui s'interroge sur un meuble ancien : le canal importe peu, mais le traitement est toujours le même. Olivier Roux centralise les messages reçus à [email protected] ou au 04 37 45 71 10, et il les transmet à Thomas Mercier dans la journée si l'atelier est ouvert ; si le signalement concerne un meuble en cours, il est rattaché au numéro de fiche, sinon il est consigné dans un cahier bleu, sans suite automatique.