Un meuble libre, pas une cuisine posée
En mars 2023, une famille de la rue du Faubourg Boutonnet est venue avec un mur qui monte sous une poutre ancienne et n'est pas droit, une fenêtre décentrée de onze centimètres, et un carrelage d'origine qui interdit tout percement profond. Leur table, héritée d'un grand-père de Nîmes, mesure 186 centimètres et ne rentre pas sous la fenêtre une fois les chaises tirées. Ils voulaient une desserte, pas une cuisine équipée.
Thomas Mercier a relevé le mur à cinq hauteurs, entre 74 et 91 centimètres.
Le caisson proposé est en chêne de pays, sur quatre pieds démontables ; il mesure 92 centimètres de haut, 128 de large et 44 de profondeur, pèse un peu moins de 31 kilos, et se pousse le long du mur sans rien démonter, les pieds se dévissant à la main en cas de déménagement.
Ce qui a plu : aucune découpe sur place, aucun bruit de scie chez eux, deux visites, une livraison un samedi matin par rendez-vous avec Olivier Roux, calée entre 9h30 et 10h15 pour ne pas bloquer la matinée. Délai annoncé : sept semaines. Livré en six.
Nous ne réalisons pas de cuisine intégrée plus haute que large, ni d'îlot fixé au sol, ni de meuble encastré entre deux murs porteurs. Si le projet exige qu'un électricien ouvre une saignée dans le plâtre, nous ne le prenons pas.
Des étagères pour un fonds, pas du rangement de garage
Une association de Figuerolles, logée dans une ancienne écurie du côté de la rue des Trésoriers de la Bourse, avait reçu un don de 412 ouvrages et aucun meuble pour les porter, dans un local à moellons irréguliers, porte basse de 1 mètre 78, une seule prise et sol en tomettes qui n'est pas de niveau. Trois personnes avaient décrit ce mur de trois façons différentes au téléphone.
Olivier Roux a passé quarante minutes sur place un jeudi après-midi, entre deux rendez-vous.
L'étagère compte cinq travées, 214 centimètres de large, 198 de haut, en pin massif, avec deux montants latéraux qui rattrapent l'irrégularité par des cales en liège découpées à l'atelier ; aucun perçage dans la pierre n'a été nécessaire.
Trois membres de l'association ont monté les tablettes après une démonstration d'une heure, faite un mardi matin boulevard Pasteur. C'était le but : un meuble qu'ils redressent, resserrent ou descendent d'un cran sans nous rappeler, avec une visserie courante qu'on trouve chez n'importe quel quincaillier du centre. Sophie Leroy a préparé les pièces, et un jeu de rechange de six vis et quatre chevilles.
Nous ne fixons rien dans le bâti d'un bâtiment ancien classé, nous ne remplaçons pas de charpente, nous ne posons pas de rayonnages contre une cloison dont on ignore la nature, et nous ne travaillons pas sur du mobilier de bibliothèque municipal sous marché public.
Réparer un fauteuil, refuser un véhicule
Un retraité du Cours Gambetta est arrivé en novembre 2022 avec un fauteuil de bureau des années 1960, piétement acier noir et assise en cuir craquelé. La structure était saine, le cuir non. Il espérait une remise en état complète pour moins de 300 euros, après trois devis demandés ailleurs et deux restés sans réponse.
Aurélie Bernard a établi le devis le jour même : 268 euros pour le démontage, le nettoyage des pièces métalliques, le regarnissage du coussin et la repose de l'assise, cuir d'origine conservé. Le devis précisait que la restauration du cuir elle-même n'en faisait pas partie.
Nous ne sommes pas sellier.
Mieux vaut le dire avant qu'après : un client qui découvre la limite à la livraison ne revient pas. Le fauteuil est reparti en dix jours, le cuir a été refait ailleurs, rue de l'Université, et le client a rapporté deux chaises de la même époque en janvier. Nous ne touchons pas aux véhicules, même anciens : aucune banquette de mobylette, aucun tableau de bord en bois de voiture de collection, aucun siège de tracteur. Nous ne faisons pas de restauration de cuir, de tapisserie d'ameublement, de réparation d'instrument de musique, et nous ne repeignons pas de volets ou de portes de garage à domicile. Nous ne traitons pas les charpentes contre les insectes : aucun produit biocide, ni en atelier ni chez un client.
Ce que nous ne prenons jamais
Notre atelier est au 157 boulevard Pasteur, 34090 Montpellier, et il n'y en a pas d'autre. Nous ne nous déplaçons pas à Sète, Nîmes ou Béziers pour poser quoi que ce soit. Si vous cherchez une entreprise qui intervient chez vous sur plusieurs jours, nous ne sommes pas la bonne adresse.
Aucune installation électrique, aucune plomberie, aucune réfrigération, aucune climatisation. Pas de cuisine équipée, pas de meuble de salle de bains, pas de placard sous rampant. Pas de soudure sur site, pas de toiture, pas de terrasse, pas de façade. Le devis est écrit et il tient, mais il repose sur un relevé fait chez vous, et un projet décrit au téléphone ne suffit pas à chiffrer un meuble.
Nous ne sommes ni médecin, ni conseiller financier, ni juriste, ni formateur, et aucune question de santé, de placement, de succession ou d'orientation scolaire ne trouvera de réponse ici. Nous ne réparons pas de fauteuil roulant, de lit médicalisé ni d'équipement orthopédique.
Le reste tient debout. Depuis 1995, l'atelier fabrique des meubles libres, des étagères, des boîtes et des cadres, et remet en état du bois ancien qui mérite de rester. C'est étroit comme activité. C'est la nôtre.
Appelez le 04 37 45 71 10 du lundi au vendredi, 9h30-12h30 et 14h00-18h00, ou écrivez à [email protected]. Le samedi, uniquement sur rendez-vous pris à l'avance par Olivier Roux.